Guide des Hôpitaux et cliniques

Infection nosocomiale

 

Qu’est-ce qu’une infection nosocomiale ?

 

Une infection nosocomiale est une infection contractée dans un Hôpital ou une Clinique. Le terme nosocomial vient du grec nosous, maladie et de komein soigner. Une infection est dite nosocomiale ou hospitalière, si elle est absente lors de l'admission du patient à l'hôpital et qu'elle se développe 48 heures au moins après l'admission. Ce délai permet de distinguer une infection d'acquisition communautaire d'une infection nosocomiale.


Le délai de 48h s'allonge jusqu'à 30 jours dans le cas d'infections en site opératoire, et jusqu'à un an s'il y a mise en place de matériel prothétique. Autrement dit, toute infection survenant sur une cicatrice chirurgicale dans l'année suivant l'opération, même si le patient est sorti de l'hôpital, peut être considérée comme nosocomiale.

 

Quels sont les différents modes de transmission d’une infection nosocomiale ?

 

On distingue 4 modes de transmission des infections nosocomiales :


L'auto-infection: La malade s'infecte avec ses propres germes, les « portes d'entrée » sont les lésions des muqueuses, les lésions cutanées (plaies, brûlures, maladies de peau).


L'hétéro-infection:
Dans ce cas, le germe responsable de l'infection nosocomiale provient d'un autre malade, la transmission étant le plus souvent manuportée, par le personnel soignant intervenant auprès de plusieurs patients, disséminant ainsi les germes d'une personne à l'autre. C'est le mode de contamination le plus fréquent lors d'épidémies.


La xéno-infection: Ce mode de transmission est un peu particulier, dans ce cas les agents pathogènes sont transmis par des personnes venant de l'extérieur (personnel soignant, visiteurs, sous-traitants), et présentant eux-mêmes une pathologie infectieuse, déclarée ou en cours d'incubation.


L'Exo-infection: Ce mode de transmission est issu, soit d’un dysfonctionnement technique d'un matériel (filtre à air, autoclave…), soit  d’une erreur commise dans l'exécution des procédures de traitement.

 

Quelle est l’évolution des infections nosocomiales ?

 

Afin de rendre non contestables les études sur les infections nosocomiales celles-ci rentrent depuis 1999 dans une définition standardisée. En effet en 1999 le CLIN (Comité de lutte contre les Infections Nosocomiales) élabore les premières définitions.


On constate une baisse de la prévalence des infections nosocomiales en France depuis 1996. Le taux de prévalence était alors de 6,7% (cette proportion de patients hébergés dans les Hôpitaux et Cliniques contractaient effectivement une infection nosocomiale pendant leur séjour). Ce taux est passé à 5,9% en 2001 pour se stabiliser à 5,4% depuis 2006.

 

Comment se prémunir contre les infections nosocomiales ?

 

Les nouveau-nés, les prématurés et les personnes âgées sont particulièrement sujets aux infections nosocomiales. Les techniques invasives utilisées dans les hôpitaux pour le diagnostic, la surveillance et le traitement ouvrent souvent de nouvelles portes à l'infection : sonde urinaire à demeure, mesure de la pression veineuse centrale, perfusions de toute nature, implantation de prothèses…


Les infections nosocomiales ne sont donc pas toutes évitables, même si près de la moitié de ces infections peuvent être prévenues par des moyens simples, comme le lavage des mains et une formation continue adaptée.